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11 avril 2007 L’enfance en fumée
5 avril 2007 Pour et contre Des logements sans fumée : Vivement, des logements sans fumée POUR
5 avril 2007 La vente de cigarillos à l’unité pourrait être prohibée
5 avril 2007 Interdiction de vente : Cigare ou cigarette ?
5 avril 2007 La popularité des cigares aromatisés inquiète Québec : le ministère de la Santé songe à en interdire la vente à l’unité
3 avril 2007 Au choix de l’accusé : cinq ans de prison… ou une amende 22 millions $
3 avril 2007 Campagne électorale 2007 : demande de position – Loi sur le tabac
3 avril 2007 Loi sur le tabac : les restaurateurs ne veulent pas revenir en arrière
3 avril 2007 Une étude britannique démontre une solution simple pour combattre l’envie de fumer : bouger.
3 avril 2007 Placements éthiques La vertu est-elle rentable ?
3 avril 2007 Nicotine au bungalow
3 avril 2007 Politique sur le tabac : le CSSSNL recule
3 avril 2007 Les locataires tiennent à leurs cigarettes
3 avril 2007 L’omniprésence de la cigarette : les créateurs sont-ils en train de se mettre à la solde des cigarettiers ?
3 avril 2007 Rôtisseries St-Hubert à Dorval-Trudeau : des ailes pour la relève
3 avril 2007 La voiture, dernier refuge des fumeurs français au boulot
3 avril 2007 Présentation en mai d’une pièce de théâtre par la gang allumée de l’école aux Quatre-Vents de Bonaventure dans le cadre de la Campagne « Faire un monde sans fumée » en Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine
3 avril 2007 Les fumeurs désertent les bars
3 avril 2007 Cela est complètement illégal
3 avril 2007 LE TABAC À LA TÉLÉ Le dernier retranchement
3 avril 2007 Les demandes des fumeurs
3 avril 2007 L’omniprésence de la cigarette Les créateurs sont-ils en train de se mettre à la solde des cigarettiers ?
3 avril 2007 Élections 2007 Les tenanciers de bars militent contre les libéraux
3 avril 2007 Les cigarettiers jouent avec les mots
3 avril 2007 Le tabac en campagne
3 avril 2007 Le directeur général de Tabac Galaxy coupable de ne pas avoir payé des taxes sur le tabac : condamné à payer des amendes de 173 377 $
3 avril 2007 Pas de cigarette dans les immeubles à logements ontariens ?
3 avril 2007 La cigarette pourrait être interdite dans les tours d’habitation
3 avril 2007 Sujet brûlant
3 avril 2007 Néfaste, la cigarette
3 avril 2007 Fumer chez soi deviendra-t-il criminel ?
3 avril 2007 Propriétaires à locataires Interdit… d’interdire de fumer chez soi!
3 avril 2007 L’interdiction de fumer dans les logements pourrait être appliquée
2 avril 2007 " Cela est complètement illégal "
 
Pour et contre Des logements sans fumée : Vivement, des logements sans fumée POUR
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Professeur Associé De Médecine préventive et de Santé Publique, Faculté de Médecine, Université Laval

Interdire de fumer dans un logement qu’on loue est raisonnable quand on tient compte des faits. Parmi les plus importants, on compte :
1. La fumée de tabac, y compris la fumée des autres, est une soupe toxique composée de gaz et d’un nuage de particules dans lesquelles on retrouve un peu plus de 4 700 produits chimiques, dont 59 sont des cancérogènes pour l’homme ou l’animal.
2. Cette soupe toxique se disperse rapidement et pénètre partout où l’air peut s’infiltrer dans un bâtiment. Et l’air s’infiltre vraiment partout, que ce soit par les interstices des cloisons, les conduits de fils électriques et autres canalisations desservant un logement.
3. Alors que les gaz de la fumée de tabac se dispersent rapidement, les particules collent, produisant une contamination durable et tenace. L’odeur de fumée de tabac se dégageant de la chevelure, des vêtements, des draperies, des tapis, de la lingerie et même des animaux de compagnie, est un indice de cette pollution. Un indice éphémère, parce que sa disparition ne signifie pas que la contamination par les particules de la fumée soit disparue. Hélas, comme c’est le cas pour la poussière, la crasse et les taches, se débarrasser de cette pollution requiert beaucoup de travail.
4. On sait que cette pollution compte 59 cancérogènes avérés. Or, au travail, la loi interdit toute exposition à tout cancérogène. C’est ce qui rendait nécessaire d’interdire de fumer dans les restaurants, les bars et autres lieux où des gens gagnent leur vie. S’il est légitime d’interdire l’exposition à la fumée de tabac au travail, où l’on passe environ le tiers de son temps, pourquoi la même protection serait-elle absurde pour son logement, où on est encore plus longtemps qu’au travail ?
5. La question de la boucane au foyer se pose partout où l’on a adopté des mesures pour protéger la population contre la fumée de tabac. La Californie par exemple, a connu il y a déjà une quinzaine d’années, le débat que soulève, en certains quartiers, l’intention des propriétaires d’ici, d’inclure dans leurs baux des clauses restreignant le tabagisme dans les logements qu’ils offrent en location. En vérité, il n’y a plus que le cartel de la nicotine et ses thuriféraires pour dénigrer cette exigence tout à fait raisonnable. Il est inévitable d’interdire de fumer dans un logement dépourvu de la ventilation assistée qui est nécessaire pour venir à bout de cette pollution. Comme les méthodes de ventilation présentement disponibles ne sont pas capables de remplacer l’air vicié par la fumée de tabac assez rapidement pour éliminer les menaces que la fumée d’autrui comporte pour la santé, il faut s’attendre à ce que le tabagisme soit éventuellement banni de la plupart des logements.
6. Fumer dans son logement impose la responsabilité d’y confiner sa fumée de tabac, pour qu’elle ne contamine pas le logement d’autrui. Les gens qui fument ne sont pas stupides : une fois qu’ils comprennent qu’il est techniquement impossible de confiner chez eux la fumée, c’est spontanément qu’en grand nombre, ils s’interdisent de fumer dans leur propre domicile, comme le montre l’expérience de l’Australie et de plusieurs États américains. Au lieu d’accréditer et de colporter les calembredaines du cartel de la nicotine et d’autres MonChoix.ca, grassement payés pour empêcher les gens d’y voir clair, il faut applaudir la clairvoyance des locateurs qui ont compris qu’arrive le moment où leurs locataires demanderont des logements protégés de la fumée tout comme ils exigent que leur domicile soit exempt de coquerelles et autres vermines.

SOURCE : Le Soleil, Opinions, jeudi, 5 avril 2007, p. 23
Turcotte, Fernand


Pour et contre des logements sans fumée
CONTRE

Atteinte à la liberté individuelle
Corbeil, Yvon
Ph.D (Philosophie) Fédération Québécoise De La Faune, Professeur et auteur du Pamphlet Passage à Tabac, publié Chez Lanctôt en 1999

– Il est normal, lorsque l’on commence à voir le fond du baril, que la lie se mêle de plus en plus fréquemment au vin. L’antitabagisme en offre un bel exemple, qui tente de franchir une nouvelle étape de sa Longue Marche avec, cette fois-ci, des propriétaires d’immeubles qui voudraient pouvoir interdire à leurs locataires de fumer dans les appartements qu’ils leur louent. Ce qu’il y a d’intéressant à observer dans cette démarche “citoyenne”, ce sont les raisons qui motivent cette demande de la part de la CORPIQ : les sous. Et si les sous apparaissent dans le débat, c’est à cause des nez. Il fallait s’y attendre : ces mêmes nez qui n’en pouvaient plus de sentir la fumée des fumeurs autour d’eux dans les restaurants et les bars, comment pouvait-on croire qu’ils l’endureraient dans leur salon ? Alors ils râlent, encouragés qu’ils sont par le bruit populaire. Et les proprios s’énervent d’avoir à repeindre des murs sous prétexte qu’ils sentent le tabac. Nous devrions donc, collectivement, examiner la possibilité d’interdire à certaines personnes de fumer chez elles et ce, ultimement, parce que certaines autres personnes n’aiment pas l’odeur que cela dégage. Faut-il rappeler que c’est au nom de la santé que cette campagne d’antitabagisme a vu le jour – voilà maintenant plus de 30 ans – et que c’est en son nom qu’elle a été menée tambour battant depuis lors, sans jamais s’inquiéter par ailleurs des droits et des privilèges qu’elle foulait aux pieds dans son avancée triomphante. Cette liaison constante entre santé et lutte antitabac reste d’ailleurs problématique, quoi qu’on en dise. Si le fumeur court des risques en fumant, c’est son problème (et les taxes qu’il paye défraient largement les coûts que son habitude représente, ce qui n’est le cas de personne d’autre à ce que l’on sache). Quant à la fumée dite “secondaire”, on attend toujours les études scientifiques sérieuses et honnêtes qui tendraient à nous en montrer la dangerosité. D’ici là, force est de reconnaître qu’elle a plus à voir avec la légende urbaine et la mystification. Mais dans le cas qui nous occupe ici (et à moins de pousser la cuistrerie jusqu’à introduire un nouveau concept, celui de la “fumée tertiaire”…), il n’est question que d’inconfort. Des nez, des sous ; c’est tout. N’est-il pas évident qu’avec la lutte antitabac, nous sommes devenus collectivement fous ? Fous et dangereux, qui songeons à restreindre des libertés individuelles chèrement acquises au fil des siècles au nom de principes comportementaux.

Il est plus que temps de se rendre compte que, indépendamment de la position des uns et des autres à propos de la consommation du tabac, le pouvoir que se donnent les autorités d’intervenir dans des domaines qui relèvent de la liberté individuelle est inquiétant, troublant et inacceptable. Il est plus que temps de comprendre que cette ingérence des autorités est bien plus dangereuse que les risques pour la santé que représente le tabac. C’est cette ingérence répétée qui rend possible une telle démarche de la part de la CORPIQ, démarche qui, analysée froidement, ne devrait se conclure que sur le renvoi brutal des demandeurs à leurs propres affaires et au respect du contrat social tel que nous, citoyens, acceptons de le signer avec nos représentants. Si nous décidons de permettre aux propriétaires d’interdire à leurs locataires de fumer sous prétexte que d’autres locataires en sont incommodés, ouvrons le dossier à sa pleine dimension. Si c’est une question de nez, pour ma part, il y a des aisselles, des parfums à la mode et certaines fritures que j’ajouterai à la liste des récriminations. Et si l’on tient tout de même à parler de santé, ajoutons alors les BBQ, les foyers de cheminée, la circulation automobile…