Accueil Questions? Aide? Envoi à un(e) ami(e)
 
   
2007   | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
 
Danger du tabagisme Une image vaut vraiment 1000 mots
Clique ici pour la version longue
– Les avertissements sur les paquets de cigarettes font mouche s’ils sont accompagnés d’images choquantes, comme c’est le cas au Canada depuis 2000, selon une recherche internationale publiée mardi. ” Ce que nous avons démontré relève du bon sens, dit David Hammond, principal auteur de l’étude. Il y a certains messages qu’on ne peut communiquer avec du texte seul. ”

Ses conclusions pourraient avoir un impact sur des pays comme la Chine et l’Inde. Plusieurs pays doivent ajouter des avertissements sur les paquets de cigarettes afin de se conformer à un nouveau traité international sur la lutte contre le tabagisme. Le Canada est devenu, en décembre 2000, le premier pays au monde à accompagner ses 16 avertissements antitabagiques de photographies. Ces avis occupent jusqu’à la moitié des deux côtés des paquets de cigarettes. Depuis, la pratique s’est répandue dans d’autres pays en Amérique latine et en Asie.
Monsieur Hammond, professeur de psychologie à l’Université de Waterloo, et ses collègues ont réalisé près de 15 000 entrevues téléphoniques avec des fumeurs au Canada, aux États-Unis, en Angleterre et en Australie, entre 2002 et 2005. Dans ce sondage en plusieurs vagues, les chercheurs ont voulu mesurer l’impact des images
choquantes et hideuses de cancer de la bouche ou du poumon sur les paquets de cigarettes au Canada en 2000 et celui de messages entièrement composés de mots sur les paquets de cigarettes en Angleterre en 2003. Ils ont posé aux fumeurs des questions sur leur perception des messages contre le tabagisme. Les chercheurs reconnaissent que cette méthode a des limites. Mais elle a permis, selon eux, de démontrer l’efficacité plus grande des images. ” À cause des avertissements, les fumeurs canadiens étaient plus susceptibles d’affirmer qu’ils pensaient aux dangers de la cigarette pour la santé, qu’ils pouvaient s’abstenir de fumer ou qu’ils pensaient cesser de fumer “, écrivent les chercheurs dans l’étude publiée hier dans la revue American Journal of Preventive Medecine. ” Il y a de plus en plus de recherches qui montrent que les messages graphiques provoquent une
réponse plus émotive et augmentent la conscience des risques pour la santé “, ajoutent-ils.

Frapper l’imagination des jeunes
Monsieur Hammond croit que, pour mieux exploiter le côté émotif des fumeurs, les responsables de la santé publique pourraient insister sur des risques plus marginaux pour la santé mais qui frappent l’imagination, surtout chez les jeunes. ” Nous avons besoin de communiquer non seulement les impacts plus sérieux sur la santé, mais aussi ceux qu’on peut percevoir comme touchant notre vie “, dit-il. Monsieur Hammond a fait écho à une autre étude récente, selon laquelle les autorités devraient par exemple souligner le risque de devenir aveugle lié au tabagisme. ” Les adolescents craignent de devenir aveugles plus que de souffrir du cancer ou d’accidents vasculaires “, affirment les auteurs de cette étude publiée dans le British Journal of Ophthalmology. Ils rappellent que le tabagisme est lié à une maladie de l’oeil, la dégénérescence maculaire. ” Les jeunes sont plus sensibles aux avertissements qui nuisent à leur mode de vie, dit monsieur Hammond. C’est pour cela que l’avertissement sur le cancer de la bouche est si célèbre. Ce n’est
pas parce que le cancer de la bouche est plus grave ou plus répandu que le cancer du poumon. L’efficacité des photos sera encore plus grande dans les pays comme la Chine et l’Inde, où il y a des millions de fumeurs qui ne savent pas lire “, dit monsieur Hammond.

Selon Roberta Ferrence, chercheuse principale au Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto, l’étude de monsieur Hammond est ” novatrice ” et elle fournit beaucoup de données importantes sur le comportement des fumeurs. Madame Ferrence n’a pas participé à l’étude. Santé Canada tient actuellement des consultations publiques sur de nouveaux avertissements, a indiqué un porte-parole du ministère fédéral. Une des propositions étudiées favoriserait un total de
48 avertissements. Ils seraient regroupés en blocs et utilisés un bloc à la fois, avec une rotation tous les deux ans. Ces nouveaux avis ne seraient pas utilisés avant la fin 2008 au plus tôt.

SOURCE : La Presse, Santé, lundi, 12 février 2007, p. A6 / Côté, Charles (PC)