Des ados et des groupes de santé se joignent à la croisade qu’un militant mène d’un océan à l’autre !

11 novembre 2010, 14h41

Courir pour briser le lien entre le tabac et les éléments attrayants pour les jeunes :
Des ados et des groupes de santé se joignent à la croisade qu’un militant mène d’un océan à l’autre...


Photos de l'événement : http://www.cqct.qc.ca/Communiques_docs/2010/PHOTOS_10_11_11_ErrolPovah.htm

Montréal, jeudi le 11 novembre 2010 -

C’est ce matin qu’est arrivé à Montréal le coureur militant Errol Povah
accompagné d’une quarantaine d’adolescents, de médecins et de représentants de divers groupes de santé,
afin de dénoncer les tactiques des compagnies de tabac et de souligner au gouvernement du Québec
l’urgence d’intervenir.

« Les commerçants de tabac continuent de se moquer de la santé publique en mettant en marché des produits
de plus en plus attrayants pour les jeunes et, ce qui est encore plus malheureux, c’est que le gouvernement
s’entête à tolérer cette situation » ont scandé à l’unisson monsieur Povah et quelques douzaines
d’adolescents et partisans de la santé présents à l’événement, dont La gang allumée du Collège Charlemagne,
la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, le Conseil québécois sur le tabac et la santé, la Société
canadienne du Cancer et le Réseau du sport étudiant du Québec.

Parti le 31 mai dernier de Victoria en Colombie-Britannique, Errol Povah a traversé le pays à la course afin de
sensibiliser la population au scandale qu’est le tabagisme dans notre société et au fait qu’il devrait constituer
une urgence pour les gouvernements (voir ici bas un aperçu de sa couverture de presse1) : Son périple
pancanadien se conclut à Montréal devant le siège social de la plus grande des trois filiales de
multinationales du tabac au pays : Imperial Tobacco. Le militant poursuivra son trajet vers l’état de New
York, où il atteindra à la fois la maison mère de la multinationale Philip Morris et l’océan Atlantique.

Pour illustrer ce qui devrait être la priorité d’un gouvernement responsable, monsieur Povah, suivi d’un
groupe de coureurs, a foncé à travers une double haie formée de jeunes symbolisant, d’un côté, les produits
du tabac, leurs substances toxiques et la souffrance qui résulte de leur consommation et, de l’autre côté,
toutes les saveurs alléchantes, les images multicolores et les gadgets convoités par les jeunes qui sont
exploités par l’industrie pour rendre le tabac attrayant. Monsieur Povah et ses partenaires québécois espèrent ainsi faire comprendre au gouvernement la logique et l’urgence de rompre le lien qui unit faussement les produits du tabac à des saveurs et d’autres éléments séduisants pour les adolescents.

Les jeunes souhaitent faire enfin bouger le gouvernement du Québec qui, après plusieurs années de
campagnes et de demandes en ce sens, hésite toujours à interdire ces pratiques.

« Les produits du tabac ont des SAVEURS et des EMBALLAGES qui ATTIRENT les jeunes. Je suis un jeune et je
FUME occasionnellement. Je suis TOUCHÉ par ça et s’il n’y avait jamais eu de saveurs dans ces produits, je
n’aurais JAMAIS commencé et surtout JAMAIS CONTINUÉ DE FUMER. Moi, je suis ici parce que je veux
EMPÊCHER que d’autres jeunes tombent dans le piège de la dépendance MORTELLE à la nicotine, » s’est
désolé Marie-Pascale Rheault, une des deux porte-parole de La gang allumée du Collège Charlemagne.

Vincent Monneret, le deuxième porte-parole, renchérit : « L’apparence c’est important pour nous les jeunes.
Les produits du tabac ont une belle apparence, ça nous INFLUENCE dans nos CHOIX. On le sait que fumer est
NOCIF POUR LA SANTÉ et on le fait pareil parce que les saveurs restent longtemps sur les lèvres. Les saveurs et
les emballages attrayants, ça CACHE la réalité. Quand on regarde un paquet de cigarettes multicolore, le
message ne passe pas que c’est mauvais pour notre santé, et on ne voit pas les répercussions que cela pourra
avoir sur notre avenir. Monsieur Povah a raison : il faut que le gouvernement adopte une loi plus sévère pour
contrôler la vente des produits du tabac. Il faut que ÇA GOÛTE CE QUE ÇA GOÛTE, et que ÇA AIT L’AIR DE CE
QUE C’EST VRAIMENT aussi. Ça doit goûter et ressembler à la mort. Un point c’est tout. »

« Si l’on tentait d’introduire le tabac sur le marché aujourd’hui, il serait immédiatement interdit » ajoute le
docteur Fernand Turcotte, professeur émérite de médecine préventive et santé publique à l’Université
Laval, au nom des principaux groupes québécois de lutte contre le tabac qui appuient monsieur Povah. « Or le
cadre législatif actuel invite les compagnies de tabac d’introduire des nouveaux produits. Il est temps que
notre gouvernement prenne ses responsabilités au sérieux en mettant fin à cette situation absurde et qu’il
cesse de permettre à l’industrie d’innover en toute liberté pour rendre ses produits de plus en plus attrayants
ou pour déjouer chaque nouvelle mesure de lutte contre le tabac. Si, il y a six ans, le gouvernement avait
interdit les saveurs, les nouveaux produits et les emballages multicolores, l’industrie n’aurait jamais réussi à
faire augmenter le tabagisme chez les jeunes grâce aux petits cigarillos aromatisés.»

Errol Povah, âgé de 57 ans et originaire de Colombie-Britannique, milite contre le tabac depuis 30 ans. Il a
accompli son Voyage pour un Monde sans tabac (http://www.tobaccofreeworld.ca/ ) de 6 300 kilomètres
pour rappeler à la population les torts que l’industrie du tabac cause à la santé publique. « Selon
l’Organisation mondiale de la Santé, 5 millions de personnes dans le monde mourront cette année de maladies
causées par le tabagisme. D’ici 10 ans, on estime que c’est le double qui en décèdera. Il est temps de mettre fin
à cette épidémie industrielle ! » a-t-il conclut.
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